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GESTION DU FONDS D’AIDE  COVID-19 :  Des Sénégalais de Maroc dénoncent une magouille

GESTION DU FONDS D’AIDE COVID-19 : Des Sénégalais de Maroc dénoncent une magouille

Pour aider les Sénégalais de Maroc impactés par la crise dictée par la Covid-19 qui a bloqué les activités économiques, l’Etat du Sénégal  a mis en place un fond de résilience contre les effets de la pandémie. Seulement, une grande nébuleuse encadre sa mise en œuvre, notamment pour les Sénégalais établis au royaume chérifien. Une situation que dénonce le «Collectif de veille force Covid-19» coordonné par Yoro Houeychi GUEYE. Ledit collectif est composé de divers partis  politiques de l’opposition tels que le Pds, Rewmi, Pastef, Pur ou encore l’Ucs. Nous  publions, en intégralité, le mémorandum.

MEMORANDUM

I. CONTEXTE- FONDS FORCE COVID-19

La crise sanitaire causée par le Corona-Virus a plombé les activités économiques au niveau mondial et au Maroc en particulier. Cette situation a créé une crise économique sans précédent au Sénégal, mais aussi dans la Diaspora. Dans l’optique de soutenir les citoyens sénégalais dans cette période difficile, l’Etat a mis en place un

Fonds de Résilience Contre les Effets de la COVID-19 dénommé FORCE COVID-19 doté d’un montant de 1000 Milliards de Francs CFA.

Un montant de 12,5 Milliards FCFA destiné à la diaspora sénégalaise à cet effet.

Le Maroc, pour ce qui nous concerne, a reçu, par le biais des autorités locales (Ambassade et

consulat Général) les montants et instructions relatifs. Des manquements, des anomalies, des incompréhensions, des questionnements ont été noté dans sa mise en œuvre. Ceci nous a poussés à mettre en place ce collectif de veille composé par les partis de l’opposition établis au Maroc : PUR, REWMI, PASTEF, PDS et UCS. L’objectif principal de ce collectif est de veiller au bon déroulement et aux respects des règles édictées pour la gestion de ce fonds, car étant l’argent du contribuable, un bien commun.

ETAPE 1 : RENCONTRE AVEC LE CONSUL GENERAL DU SENEGAL A CASABLANCA

Le 22 Mai, le collectif a été reçu par le consul général du Sénégal à Casablanca. Etaient aussi présents le Vice-Consul ainsi que le chargé des affaires consulaires.

NB : En annexe le Compte-rendu de la réunion.

ETAPE 2 : ACCOMPAGNEMENT DES SENEGALAIS DANS LE PROCESSUS D’ENROLEMENT ET D’INSCRIPTION SUR LA PLATEFORME :

A la suite de notre rencontre avec les autorités, le collectif s’est érigé en sentinelle et relais dans l’optique d’assister et d’accompagner les sénégalais demandeurs dans l’inscription, l’envoi des pièces justificatives, remontée des cas d’anomalies mais surtout dans l’information (point nodal défaillant de ce processus). Ayant remarqué que le rythme des paiements n’avançait pas comme il se doit et que les complaintes des sénégalais ne font que s’accroitre de jour en jour, nous avons jugé nécessaire de rencontrer son

Excellence l’ambassadeur du Sénégal au Maroc.

ETAPE 3 : DEMANDE D’AUDIENCE AUPRES DE L’AMBASSADEUR DU SENEGAL AU MAROC

A cet effet, une demande d’audience a été introduite le 15 Juin 2020. Après 72 heures d’attente, une équipe du collectif s’est rendue sur place afin de s’enquérir de la situation mais malheureusement, aucune autorité n’a voulu donner suite à notre requête sous prétexte que Monsieur l’ambassadeur serait très occupé.

Cette attitude que nous pensons anormale nous a poussés à prendre les résolutions suivantes :

1. Rédiger un mémorandum qui sera partagé avec l’opinion pour relater et partager fidèlement le travail accompli jusque-là par le Collectif.

2. Partager avec l’opinion les manquements notés dans la gestion de cette affaire.

3. Partager avec l’opinion nos solutions proposées

4. Communiquer pour nous faire entendre mais surtout pour pousser les autorités à parler aux

Sénégalais.

II. ANOMALIES, MANQUEMENTS NOTES DANS LA GESTION DU FONDS/DE LA CRISE

Comme évoqué précédemment et dans le Compte-Rendu de notre réunion avec le Consul

Général(en annexe), des manquements et anomalies ont été relevés dans la gestion de cette affaire. Choses qui pouvaient être évitées.

– Le non-respect des procédures fixées par le dispositif mis en place pour la gestion du fonds : le fait de ne pas intégrer les associations dans le comité de gestion, le non-respect des critères prioritaires de choix selon les profils sociaux (travailleur du secteur informel, chômeur, personnes à mobilité réduite)

– Le mode de communication institutionnel classique qui ne colle pas à la situation actuelle.

Nous pensons que dans une situation exceptionnelle, il faut des méthodes exceptionnelles. Le mode de communication qui prévaut et toujours maintenu par les autorités ne s’adresse qu’à une frange des citoyens (ceux qui sont connectés, qui parlent français, qui vont sur

Facebook…). Ceux-là ne représentent que 30 à 40% des personnes concernées par ce fonds.

Ceci a créé et suscité des questionnements, incompréhensions, frustrations auprès des

concitoyens.

Un exemple : Aucune communication officielle n’a été faite pour informer les sénégalais sur

La clôture des inscriptions sur la plateforme.

– Aujourd’hui personne ne sait combien de personnes se sont inscrites officiellement ?

Combien de personnes ont perçus leur aide ? Le montant total reçu ? Le nombre de personnes qui vont recevoir l’aide etc… Ces questions sans réponses ne font et ne feront qu’envenimer la situation.

– Le mode de paiement utilisé Wafacash a été certes un choix intelligent pour pallier aux

comptes bancaires (exigés par les autorités dans le process). Cependant, cela a généré des pertes énormes pour l’Etat du Sénégal. En effet, chaque sénégalais devait recevoir un montant de 50.000 FCFA équivalent à 832 dirhams marocains, mais les bénéficiaires reçoivent 804 dirhams via wafacash, soit une perte de 28 dirhams par personne (environ 1650 FCFA). Sauf erreur de notre part, le nombre potentiel de bénéficiaires tourne autour de 10.000 personnes, en faisant le calcul sur cette base, le Sénégal va perdre 16.500.000 FCFA pour des frais, dans cette affaire. Cet argent qui aurait pu servir à faire bénéficier cette aide à plus de 300 autres sénégalais.

– Les différences entre les montants alloués aux personnes en transit (3700 dirhams, soit

environ 200.000 FCFA) et celles résidentes et impactés (804 dirhams, soit 48.000 FCFA). Nous pensons que les personnes en transit devraient certes bénéficier d’un appui de l’Etat mais pas sous cette forme, mais aussi que les personnes résidentes et impactées auraient pu avoir plus pour rester cohérent.

– Le rapatriement des Sénégalais résidents au Maroc et bloqués au Sénégal est mal gérée. Cela a d’ailleurs engendré la mise sur pied d’un collectif qui se bat pour leur retour au Maroc car ils risquent de perdre leurs emplois et leur business.

III. AUTRES POINTS D’INTERPELLATION

Au-delà de cette crise, les Sénégalais résidant au Maroc font face à plusieurs difficultés sur lesquelles nous attirons l’attention de nos autorités :

– Les nouveaux permis de conduire en vigueur au Sénégal a rendu caduque ceux détenus jusque-là. Les sénégalais résidant au Maroc, détenteurs de permis «non-valables» et souhaitant les changer sont obligés d’aller jusqu’au Sénégal pour le faire, ce qui pose un réel problème. Les autorités devraient trouver une solution face à cela.

– La loi sur la Couverture Sociale et Médicale des Travailleurs de Maison est entrée en vigueur

le 3 juin 2019, avec la publication au bulletin officiel du décret n° 2.18.686 relatif aux conditions d’application du régime de la CNSS à cette nouvelle population. Nous savons que bon nombre de nos frères et sœurs sénégalais travaillent comme employé de maison (gardien, femme de ménage, nounou, chauffeur, jardinier), il semblerait que nos autorités sont restées aphones et muets par rapport à cela. Leur attitude devrait être d’accompagner, d’assister nos frères et sœur dans l’obtention de ces documents qui leur garantirait un bienêtre social et sanitaire.

– Durant cette crise, les autorités marocaines ainsi que les institutions financières ont pris des

mesures d’accompagnement et de relance des activités économiques pour tous les secteurs d’activité (même ceux dans l’informel). Nos autorités sont aussi absentes sur ce terrain afin de préparer et assister les sénégalais, le désirant, de bénéficier de ces aides.

– Nous savons tous qu’il y a une forte communauté sénégalaise qui travaille régulièrement et légalement au Maroc. Ces derniers versent chaque mois leur cotisation (obligatoire) à la CNSS tout en se disant qu’ils ne peuvent le récupérer qu’à la retraite. Ce chantier nous interpelle tous car nous souhaiterions tous, en rentrant chez nous, rapatrier cet argent qui est le nôtre.

IV. PROPOSITIONS ET DEMANDES

1. Nous demandons aux autorités de communiquer autrement avec les sénégalais. Il y’a des sénégalais qui ont des chaines de télé ici au Maroc(WebTV), ils peuvent et doivent communiquer avec les sénégalais via ces médias. Nous pouvons aussi citer : faire des audios qui seront en français et wolof, partagés dans les réseaux sociaux et groupes WhatsApp afin de se mieux faire entendre et comprendre.

2. Communiquer, oui. Mais Quoi ? Nous demandons aux autorités de dire aux

Sénégalais à date :

– Le nombre de personnes inscrites sur la plateforme.

– Le montant total à distribuer.

– Le nombre de personnes ayant déjà reçu.

– Le nombre de personnes restant.

– Le nombre maximum de bénéficiaires en fonction du montant reçu

Cette communication pourrait se faire de manière hebdomadaire via les canaux cités

précédemment.

3. Pour des situations de ce genre : inviter et impliquer les associations dans la gestion et aussi dans le travail. Ceci permettrait de clore le débat sur la transparence mais aussi ces derniers seront une main d’œuvre gratuite qui pourrait les aider dans plusieurs taches (dans le bénévolat).

4. Pour le mode de paiement, nous pensons qu’utiliser des bons d’achat aurait été mieux adapté car éviterait cette perte de plus de 16 Millions de FCFA et permettrait de toucher beaucoup plus de personnes. Ceci aurait aussi permis d’aller vite dans le traitement.

5. Pour les Sénégalais en Transit ayant bénéficié de 3700 Dhs par personne, nous pensons que cela a permis à des non-ayants droits de se faire de l’argent illégalement (pour citer les GP). Par ailleurs, sur le principe, nous pensons qu’une assistance administrative et/ou financière raisonnable auprès des compagnies aériennes concernées et les hôtels (qui les abritaient) aurait été mieux adaptée.

6. Pour les sénégalais résidant au Maroc et bloqués au Sénégal, nous demandons aux

autorités de négocier avec celles marocaines sur les conditions sanitaires et opératoires de rapatriement de nos frères et sœurs. Ces derniers sont d’ailleurs prêts à se conformer aux exigences et règles sanitaires qui leur seront imposées.

7. Pour le point concernant les permis de conduire, étant donné que le processus est numérisé maintenant. Nous proposons à nos autorités de demander la mise en place d’une commission au Maroc pour une période bien déterminée afin que les Sénégalais qui doivent et veulent changer leur permis de conduire le fassent sans pour autant se déplacer jusqu’au Sénégal.

8. A propos de la nouvelle loi sur la déclaration des travailleurs de maison à la CNSS, nous demandons aux autorités de mettre sur pied des commissions qui se pencheront sur cette affaire dans le but d’assister et d’accompagner nos concitoyens pour l’établissement de ces documents. A notre avis, cela réduirait considérablement les cas sociaux traités par le consulat et l’Ambassade dans la mesure où ceux-ci auront aujourd’hui la possibilité de se soigner sans l’aide de quiconque. Penser à y impliquer les associations pour faciliter le travail.

9. En ce qui concerne le rapatriement de l’argent versé à la CNSS par les travailleurs sénégalais résidents, nous pensons que cette question est d’ordre diplomatique et étatique. Nous invitons nos autorités à y travailler sérieusement car étant une question cruciale.

10. A propos des aides et dispositifs de financement disponibles pour la relance des activités économiques au Maroc, nous invitons les autorités à voir de près les modalités et les critères d’octroi afin d’accompagner et assister les acteurs sénégalais admissibles à en bénéficier.

Casablanca, le 28 Juin 2020

LE COLLECTIF DE VEILLE FORCE COVID-19 MAROC

Coordonnateur : Yoro Houeychi GUEYE

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