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PRISON DE MBOUR : La douloureuse histoire d’Elhadj Djily GUEYE

PRISON DE MBOUR : La douloureuse histoire d’Elhadj Djily GUEYE

PAR AMIE DIOP

L’histoire d’Elhadji GUEYE est celle d’un jeune innocent envoyé en prison. Accusé d’avoir tué la prostituée Anta THIAM (49 ans), le sieur GUEYE a été arrêté avec sa femme sur simple dénonciation. Sans indices de preuves.

Sa femme libérée au stade de la garde à vue, GUEYE atterrit à la prison de Mbour. Après 4 mois de détention, la Gendarmerie arrête le vrai meurtrier : un étranger âgé de 30 ans.  Tombé à Somone, ce dernier avoue sans ambages son crime. Devant les enquêteurs, il reconnaît s’être battu avec la dame après une partie de jambes en l’air qui a mal tourné. Bagarre au cours de laquelle il lui administra un violent coup qui n’a laissé aucune chance de survie à la victime. Le présumé coupable confie aux gendarmes : «C’était ma prostituée préférée. J’étais aussi l’un de ses  plus fréquents clients, elle me recevait dans sa chambre pour qu’on couche ensemble. Ce jour-là, j’avais oublié mon porte-monnaie à la maison et elle n’a pas voulu que je rentre sans payer (…). Elle s’est rué vers moi et je me suis défendu». La suite se passe de commentaire. 

Convaincu des lourdes accusations qui pèsent sur lui, le juge envoi 2e coupable en prison, après que les gendarmes l’ont arrêté, gardé à vue et déféré au parquet. La victime a été retrouvée morte le 19 janvier 2019 dans sa chambre à Mbour. «Le corps sans vie a été retrouvé vers 5 h du matin avec beaucoup de traces de violences et de sang. Les investigations n’avaient pas permis d’interpeller les auteurs dans le temps de la flagrance», déclare le chef d’escadron Ibrahima NDIAYE, commandant de la brigade de Saly. Une «mort par strangulation» plus tard révélée par l’autopsie.

Un an après le meurtre, la vérité éclate au grand jour. Elhadji Djily GUEYE n’est pas le vrai coupable. Il a été victime d’un complot ourdi par des femmes locataires qui habitaient au domicile de la famille GUEYE, à Saly. Elles ont été expulsées pour avoir transformé le lieu en maison de passe. Ce qu’elles n’ont pas pardonné à la famille GUEYE.

Magré tout, Elhadji Djily GUEYE garde toujours prison. Il boucle, à ce jour, 16 mois de détention (arbitraire ?). Seize longs mois au cours desquels sa vie est suspendue, mise entre parenthèses.  

En prison, il égrène ses journées, son emploi du temps millimétré. Tout tourne autour du triptyque sport, bavardage et promenade. Seule la visite de ses parents et amis pour tromper l’ennui. Dans sa cellule, il tente même de mettre fin à sa vie. La tentation du suicide reviendra à plusieurs reprises. Jusqu’à la prise de conscience qui lui vient comme un éclair. 

Le plus dur pour lui est de devoir payer pour un crime qu’il n’a pas commis. Il veut renaître, malgré les nombreux obstacles qui lui barrent le chemin vers une «vie normale». Il veut également recouvrer la liberté pour s’engager résolument dans la voie de la réinsertion sociale. Il veut, enfin, recouvrer la liberté pour oublier son horrible vécu carcéral.  

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